Un patrimoine se construit avec cinq sortes de choses : des actions, des obligations, de l'immobilier, des liquidités, et une catégorie fourre-tout qu'on appelle les actifs alternatifs. Chacune sert à quelque chose de différent, et c'est en sachant à quoi qu'on arrête d'acheter au hasard. Voici les cinq, avec ce qu'elles font pour vous et ce qu'elles vous coûtent en échange.
1. Les actions : le moteur
Une action, c'est une petite part d'une entreprise. Si l'entreprise vaut plus cher dans dix ans, votre part aussi. Un FNB (fonds négocié en bourse) est un panier de centaines d'actions acheté en une seule transaction : au lieu de choisir entre Apple et Shopify, vous achetez un peu de tout.
Sur de longues périodes, les actions ont rapporté autour de 6 à 7 % par année en moyenne, inflation déduite. C'est plus que tout le reste de cette liste, et c'est pour ça qu'elles portent la croissance d'un portefeuille.
La contrepartie, c'est la volatilité : des hausses et des baisses fortes et imprévisibles. Une chute de 30 % arrive à peu près une fois par décennie, et elle arrive toujours à un mauvais moment. C'est le prix du rendement, et il ne se négocie pas.
Pour quelqu'un qui commence, deux ou trois FNB larges (Canada, États-Unis, reste du monde) dans un CELI font un portefeuille tout à fait honorable, et ils battent la majorité des gestionnaires professionnels sur dix ans. On peut démarrer avec 50 $.
2. Les obligations et les CPG : le lest
Une obligation, c'est un prêt que vous faites à un gouvernement ou à une entreprise. Ils vous versent des intérêts, puis vous rendent votre argent à la date convenue. Un CPG (certificat de placement garanti) est la version bancaire : vous prêtez à votre banque pour un an ou cinq, à un taux fixé d'avance, et le capital est garanti.
Ça rapporte moins que les actions, mais ça ne fait pas de montagnes russes. Quand la bourse chute, les obligations tiennent souvent, ou montent. C'est le lest du bateau : inutile par beau temps, précieux dans la tempête.
La part d'obligations grandit avec l'âge, parce que le temps pour encaisser une chute rétrécit. À 25 ans, presque rien. À 60 ans, près de la moitié. Un CPG d'un an est aussi l'endroit logique pour l'argent dont vous aurez besoin d'ici douze ou vingt-quatre mois, comme une mise de fonds.
3. L'immobilier : le gros morceau
Votre condo, une propriété que vous louez, ou une part dans une FPI (fiducie de placement immobilier, une société qui possède des immeubles et dont les parts s'échangent en bourse comme des actions).
Ce qui rend l'immobilier particulier, c'est le levier : vous contrôlez un actif de 500 000 $ avec 50 000 $ à vous et 450 000 $ à la banque. Si la valeur monte de 5 %, vous gagnez 25 000 $ sur 50 000 $ investis. Si elle baisse de 5 %, même chose dans l'autre sens. Le levier amplifie tout, dans les deux directions.
Les contreparties sont lourdes : on ne vend pas une chambre pour payer une réparation d'auto, les frais d'achat et de vente se comptent en dizaines de milliers de dollars, et tout dépend du marché de votre ville. Pour la plupart des gens, la résidence principale est à la fois le plus gros actif et la plus grosse dette, en même temps.
4. Les actifs alternatifs : la petite poche
Tout ce qui n'entre pas dans les trois cases précédentes : cryptomonnaies, or, parts d'entreprises privées, et plus récemment terres agricoles ou œuvres d'art. Leur intérêt, c'est qu'ils ne bougent pas toujours en même temps que la bourse. Leur défaut, c'est qu'ils bougent beaucoup, dans tous les sens, et que la fiscalité y est plus compliquée (les gains en crypto sont imposables au Canada, même si personne ne vous envoie de relevé).
Une poche de 5 à 15 % du portefeuille est une limite raisonnable : assez pour vous réjouir si ça monte, pas assez pour pleurer si ça tombe.
5. Les liquidités : le coussin
Votre compte chèques, votre compte d'épargne, un CPG de trois mois. Ça ne rapporte presque rien, et c'est normal : le rôle des liquidités n'est pas de rapporter, c'est d'être là. Une réparation d'auto, une perte d'emploi, un déménagement forcé : sans coussin, la seule option est de vendre ses placements au pire moment.
La règle courante : trois à six mois de dépenses dans un compte d'épargne à intérêt élevé. Au-delà, l'argent qui dort perd la course contre l'inflation. À 3 % par année, 10 000 $ laissés dans un compte chèques valent 7 400 $ de pouvoir d'achat dix ans plus tard.
Comment on les combine
Le mélange dépend surtout du temps devant vous. Plus il est long, plus vous pouvez encaisser les chutes de la bourse, donc plus la part d'actions peut être grande. Deux répartitions courantes, à titre d'exemple :
À 30 ans, retraite dans 35 ans
75 %10 %10 %À 60 ans, retraite dans 5 ans
40 %45 %15 %
- Actions
- Obligations
- Alternatifs
- Liquidités
L'immobilier n'est pas dans ces barres parce qu'il n'entre pas par tranches de 100 $ : on en a zéro, puis un condo entier. Quand il arrive, il pèse souvent plus que tout le reste réuni, et c'est une raison de plus pour garder le reste simple.
| Classe | Son rôle | Risque |
|---|---|---|
| Actions | faire grossir le patrimoine | élevé |
| Obligations, CPG | amortir les chutes | faible à moyen |
| Immobilier | se loger, et un levier sur la valeur | moyen à élevé |
| Alternatifs | diversifier, avec une petite mise | très élevé |
| Liquidités | encaisser les imprévus | faible |
Ce que vous pouvez faire maintenant
Regardez ce que vous avez déjà, classe par classe. Beaucoup de gens découvrent qu'ils ont 80 % de liquidités et se demandent pourquoi rien ne bouge. La façon la plus simple de le voir est de calculer sa valeur nette une fois par mois, en notant chaque poste. Le mélange se corrige ensuite un virement à la fois.
Pour aller plus loin
- Immobilier
Taxe de bienvenue : le calcul exact, au Québec et à Montréal
La taxe de bienvenue n'est pas « environ 1,5 % du prix ». C'est un barème par tranches, Montréal a le sien, et la facture arrive des mois après l'achat. Le calcul complet, avec les barèmes 2025.
- Placements
Plafond CELI 2026 : combien pouvez-vous vraiment cotiser ?
Le plafond de 2026 est de 7 000 $, mais votre plafond à vous est presque toujours plus élevé, parfois de beaucoup. Il dépend de votre âge, de vos retraits passés, et d'une règle de calendrier qui coûte 1 % par mois à ceux qui l'ignorent.